
La salle du Radiant-Bellevue est quasi pleine pour honorer à la petite fée suédoise Lisa Ekdahl qui nous montre qu’elle dispose d’un large public qui la suit depuis ses débuts. Cette chanteuse est clivante, car avec son minuscule filet de voix, elle a réussi à se tailler une place non négligeable entre jazz et variété.
Elle est accompagnée d’un quartet avec à jardin le guitariste Mathias Blomdahl (qui va abattre un gros travail) et le batteur Pontus Gillgren, au centre, en retrait, le contrebassiste Andreas Nordell et à cour le pianiste – clarinettiste et saxophoniste, Daniel Gahrton. Ces quatre-là sont également choristes.
Bien sûr, la chanteuse occupe le centre de cette grande scène.
Elle entame son set par l’évident It’s oh so quiet, à l’opposé de la version de Björk puis continue sur des titres du domaine de la variété Everything ; Give me that slow knowing smile.
Elle aborde enfin un de ses univers favoris, c’est-à-dire le jazz, avec une reprise de Beyonce sur un mode jazz où elle joue de son attitude de poupée fragile à la manière d’une Betty Boop.
Avec Should have known better, elle aborde un autre de ses univers, la bossa nova. Ses musiciens sont du genre caméléon, impeccables dans chacuns des styles.
Puis, elle nous offre sa version très personnelle de Blame it on my youth, un rythme très lent où les musiciens, ici en trio, excellent.
La séquence jazz se poursuit avec un Just one of those things bien nerveux qui tire vers du manouche matiné de mainstream.
Suit une chanson genre pop.
Beautiful boy est une ballade sensible et plaisante, où la guitare finit tout en douceur avant que les quatre musiciens choristes viennent faire le refrain au micro du centre.
Avec I get no kick from champagne, nous sommes très loin de la version d’Ella ou de The Voice ! Version surprenante qui s’achève sur un duo sax ténor et batterie et qui finit par inviter la contrebasse. Tout au long du set Lisa Ekdahl laissera une grande lattitude à ses musiciens quitte; même, à se retirer de la scène pour les laisser s’exprimer en quartet, en trio, en duo, et, en ce cas ils se lâchent sur du jazz.
Le groupe embraye sur une bossa nova All I really want is love chanson qu’elle avait enregistrée avec Henri Salvador.
Elle achève son set avec I know you love me dans une version différente de celle enregistrée avec Ibrahim Maalouf.
Une bonne partie du public se lève et obtiendra deux rappels : tout d’abord, sa bossa fétiche Daybreak, apparement très attendue par le public, et une reprise de Stop in the name of love.
Lisa Ekdahl est généreuse, elle donne tout ce qu’elle a, c’est-à-dire assez peu mais le fait avec grâce et des sourires non feints, ce qui touche le public acquis.