
Hommage à Claude Nougaro
C’est en 1987 que Claude Nougaro a remarqué la voix d’un jeune chanteur de jazz, David Linx, de passage à New York pour l’enregistrement de son premier album. Un échange téléphonique pour exprimer son admiration et voilà scellée une amitié qui durera jusqu’à la mort de Claude Nougaro en 2004.
David Linx, est de ceux qui se réapproprient les musiques des autres pour en faire une œuvre qui lui ressemble. En 2017 Sylvain Charrier, le contacte pour l’inviter à chanter avec le Big Band de Fontaine et donner une nouvelle identité aux chansons de Claude Nougaro.
Nous connaissons ici Sylvain Charrier, par ailleurs compositeur et vibraphoniste, comme directeur du Big Band de Fontaine depuis 2011, présent ce soir sur la scène de la Salle des Fêtes de Voiron.
Du beau monde, donc pour célébrer notre toulousain préféré, « un cadeau pour nous tous » selon les mots de David.
David Linx, est lui aussi un cadeau pour nous tous. On connaît son lien avec James Baldwin et son intérêt pour les droits civiques, mais aussi son humanité, son engagement auprès des minorités et contre les injustices. David Linx est une belle personne.
Ces qualités, il les porte dans son art. Sa voix est un instrument sophistiqué, capable d’aller dans toutes les tessitures, au phrasé cadencé, donnant l’impression de savourer les mots. Il articule chaque note, joue de son micro, scate, créatif à souhait. Bien que minimaliste dans sa gestuelle, il donne à éprouver une vaste gamme d’émotions.
Il scate sur Une petite fille en pleurs (arrangée par Philippe Léogé) ou sur Le coq et la pendule, fait tomber une avalanche de mots avec Rimes, croone avec Eau douce, qui traduit en anglais devient The meeting place of waters. Se souvient d’avoir chanté avec Mauranne Il faut tourner la page, ici arrangée par Pierre Drevet. Avec Sylvain au vibraphone, Mademoiselle Maman est doux, puis nous haletons avec A bout de souffle
L’accompagnement du talentueux big band et des solos de saxophone, de guitare, de trombone et de piano, complètent l’originalité et la personnalité de ce concert.
Le public applaudit à tout rompre et deux rappels furent nécessaires. C’est avec une chanson a capela Les Mots que David est parti pour un autre rendez-vous.
A la veille de ses soixante ans, David Linx est au sommet de son art, son inventivité débridée en fait un fascinant et incontournable chanteur de jazz accompli au talent indéniable.
La soirée a commencé avec une belle mise en bouche, grâce au Voiron Jazz Orchestra, inscrit dans la tradition des big bands. Chrystel, chanteuse à la voix grave et chaude, a accompagné les musiciens dirigés par le dynamique Thibaud. Avec quelques arrangements de Sylvain Charrier Syracuse et San Francisco, et des chansons brésiliennes, ils ont partagé avec le public leur enthousiasme et leur bonne humeur.